Soins des prématurés

Dans les hôpitaux publics et privés, des dispositions sont prises pour le suivi efficace de ces bébés très vulnérables.

Selon les spécialistes, est considéré comme prématuré, tout enfant né avant 37 semaines d’aménorrhée. Soit avant le début du 9e mois de grossesse. Ceci parce que la durée moyenne d’une grossesse normale est de 40 semaines. C’est le cas de Louis B., né à seulement 28 semaines. Cela fait 26 jours qu’il est hospitalisé bien au chaud dans sa couveuse au service de néonatalogie du Centre hospitalier de la CNPS à Essos, à Yaoundé. Placé sous oxygène dès sa naissance, puis transfusé, ce nouveau-né souffre actuellement d’une infection sanguine appelée septicémie. Ses jours sont cependant hors de danger, à en croire le personnel médical. Dans cette bataille pour la survie, trois autres bébés nés prématurément à 30 et 32 semaines sont aussi dans des couveuses. Tous sont sous oxygène. Ici, toute une équipe se relaie nuit et jour pour que ces enfants nés trop tôt puissent grandir. Trop jeunes pour prendre les biberons, les prématurés sont nourris grâce à des sondes. Et parce qu’aucune machine ne pourra jamais remplacer une maman, les bébés peuvent profiter des visites de leurs parents toutes les trois heures. De quoi rétablir le lien mère-enfant. « Ma fille est née à 32 semaines, c’est-à- dire à sept mois de grossesse. Le plus dur c’est de sortir de la maternité sans son enfant. Il y a un sentiment d’abandon. Et surtout, la prise en charge est extrêmement coûteuse », confie une mère. Le service de néonatalogie de ce centre hospitalier dispose d’une capacité de sept couveuses et accueille entre 25 et 40 naissances précoces chaque mois. « La majorité des nourrissons que nous accueillons sont nés avant terme ici. Lorsqu’il y a une naissance de ce type, la salle d’accouchement nous l’annonce et nous apprêtons la table radiante, la couveuse et un incubateur pour réchauffer le bébé. Une fois arrivé, on l’installe, ensuite on lui met une voie veineuse », explique Dr Annie Carole Nga Motazé, pédiatre. En ces lieux, l’on indique que moins de 10% de décès sont recensés chaque mois et la prise en charge n’est pas à la portée de tous les parents. « Lorsqu’un bébé arrive ici à 28 semaines et y passe un mois ou deux, le montant des soins dépend de ce qu’il a eu comme problème tout au long de son séjour. Les coûts supportés par les parents oscillent entre 500 000 F et un million de F. D’où la difficulté pour eux de régler la facture au sortir de l’hôpital », révèle un pédiatre.

Le Centre hospitalier universitaire de Yaoundé (CHU), dispose lui aussi de sept couveuses. Actuellement, un seul prématuré se trouve dans la couveuse au service de néonatologie. La responsable indique cependant recevoir environ 30 cas chaque mois et la durée de leur hospitalisation peut parfois dépasser trois mois. « De 28 à 32 semaines, c’est la grande prématurité et elle est difficile à gérer parce que la prise en charge est assez difficile. Ces bébés sont très vulnérables et sensibles aux infections », explique une infirmière de la néonatologie.

Forum national sur le VIH: les intervenants réexaminent leurs soins

D'autres dignitaires se sont joints au ministre de la Santé pour ouvrir une exposition sur le VIH, lors d'un forum de deux jours ouvert mercredi 11 septembre dernier par la ministre de la Santé publique, le Dr Malachie Manaouda.

Au Cameroun, huit femmes enceintes séropositives sur 10 reçoivent un traitement afin d’éviter la transmission de la maladie à leur nouveau-né. Les informations révèlent en outre que, bien que ces femmes puissent poursuivre leur traitement après l'accouchement, elles ont généralement peu de chances, voire aucune, de veiller à ce qu'elles prennent en charge leur bébé, qui pourrait être séropositif. Afin de veiller à ce que les enfants séropositifs soient bien gérés et pris en charge, le deuxième forum national pour la prévention de la transmission mère-enfant du VIH et la prise en charge du VIH chez les enfants et les adolescents a commencé hier à Yaoundé, 10 septembre 2019 sous le thème: «Renforcer la collaboration entre les établissements de santé et la communauté pour la PTME et la gestion du VIH chez les enfants et les adolescents afin d'atteindre l'objectif 90-90-90 d'ici à Cameroun au Cameroun». Pendant deux jours, l'UNICEF Pays Le représentant, Jacques Boyer, a déclaré qu'il ferait le point sur les progrès accomplis depuis le dernier forum de 2016, dans le domaine de la prévention de la transmission mère-enfant du VIH (PTME), ainsi que du VIH pédiatrique. Il y a trois ans, Jacques Boyer avait déclaré que le taux de couverture du VIH et des antirétroviraux chez les enfants était de 10% pour les enfants infectés. Mais à présent, les chiffres ont doublé pour atteindre 20%. Cependant, cela reste très faible, a-t-il noté. Toutefois, dans le domaine de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, le chef de l’UNICEF a déclaré que le Cameroun avait fait d’énormes progrès dans la lutte contre la transmission du VIH de la mère à l’enfant. La relation entre le personnel de santé et la communauté est particulière à ce forum. En effet, selon Savina Ammassari, directrice de pays du Programme commun des Nations Unies sur le VIH / sida (ONUSIDA), «si nous nous concentrons uniquement sur le personnel de santé, nous ne pourrons pas atteindre l'objectif 90-90-90 fixé par 2020. ONUSIDA et adopté par le Cameroun ». En 2014, Savina Ammassari a déclaré que l'ONUSIDA et ses partenaires avaient lancé les objectifs 90–90–90. L'objectif était de diagnostiquer 90% de toutes les personnes séropositives, de fournir un traitement antirétroviral à 90% des personnes diagnostiquées et de supprimer les virus pour 90% des personnes traitées d'ici 2020.

Le ministre de la Santé publique, Dr Malachie Manaouda, lors de l'ouverture du forum, a déclaré qu'il s'agissait d'une plate-forme pour discuter et partager des expériences sur le VIH pédiatrique. Plus particulièrement, pour comprendre ce qui a été fait dans la gestion du VIH pédiatrique, qui reste un problème majeur dans le pays: 5,8% des enfants sont séropositifs contre 5% l’an dernier. Malachie Manaouda a réitéré que beaucoup avait été fait en ce qui concerne la transmission du VIH de la mère à l’enfant, mais qu’il était nécessaire de réunir des participants issus de divers milieux professionnels, parmi lesquels la communauté scientifique, le personnel médical, les autorités administratives. (Chefs traditionnels et religieux) ainsi que la société civile, à formuler de nouvelles recommandations afin que la stratégie 90-90-90 de l’ONUSIDA soit mise en œuvre dans la lutte contre le VIH chez les enfants et les adolescents